- Thèse

Titre

Existe-t-il une variabilité dans la prescription des inhibiteurs de la pompe à proton ?
Tentative d'étude des déterminants de cette variation en médecine générale.

Auteur

Thèse soutenue le 29 mars 2006 par Karine BEAUBEAU-GAUTHIER

Faculté

Poitiers (86)

Résumé

Contexte : Les Inhibiteurs de la Pompe à Proton (IPP) sont une des classes de médicaments les plus prescrits en France. Ils se situent dans notre pays à la 2ème place en part de marché du médicament. Effectuée par la Société Française de Médecine Générale à la demande de la Direction Générale de la Santé, cette étude a pour objectif de répondre à la question : existe-t-il une variabilité des prescriptions des Inhibiteurs de la Pompe à Protons ?

Matériel et méthode : Cette étude descriptive et prospective porte sur l'analyse de 15 situations cliniques de la sphère digestive et rhumatologique. Le recueil des données s'est effectué du 01/10/2002 au 31/03/2003 auprès de 44 médecins généralistes. Les 28 déterminants de prescriptions sélectionnés étaient classés en trois groupes en fonction de leur rattachement à la situation clinique, au patient ou au médecin. Les médecins tous informatisés relevaient leur activité comme à l'habitude. Ils utilisaient le thésaurus du dictionnaire des résultats de consultation. Le recueil a consisté en une extraction des dossiers médicaux grâce au dispositif de l'Observatoire de la Médecine Générale et un questionnaire complémentaire. L'analyse des résultats s'est déroulée en 2 temps : premièrement, une analyse descriptive qui nous a permis de vérifier qu'il existe bien une variabilité des prescriptions et deuxièmement une analyse multiniveau pour essayer d'identifier les déterminants de cette variabilité. Ce travail a été réalisé avec le concours de l'Unité 537 de l' INSERM.

Résultats : Nous avons étudié 17 440 actes réalisés auprès de 9 702 patients. Les protecteurs gastriques sont prescrits dans ¼ des actes et les IPP représentent 2/3 des prescriptions. Il existe bien une variabilité de prescription en fonction des diagnostics étudiés. Plus de 90% de cette variation était liée aux actes et aux patients et moins de 10% aux médecins. Les principaux déterminants favorisant la prescription des IPP sont : la persistance dans le temps et la certitude du diagnostic, la présence de plusieurs diagnostics dans un même acte et la co-prescription avec un AINS, les patients en longue maladie et en invalidité, les patients ayant l'option médecin référent, les médecins ayant de 15 à 25 années de pratique, la lecture de revues médicales, la visite médicale et l'exercice en groupe. A l'inverse, les femmes et les patients de plus de 65 ans ont moins souvent bénéficié des IPP.

Discussion : Il ressort de cette étude que la variabilité des pratiques de prescription des IPP dépend de facteurs médicaux mais aussi non médicaux. Plusieurs de ces facteurs, moins étudiés dans d'autres études, ont été mis en évidence comme la connaissance du patient et le lien médecin-patient même si toutes les caractéristiques de ce lien n'ont pu être explorées. En revanche, on remarque une certaine sous-prescription des IPP chez les patients de plus de 65 ans recevant un AINS. Ces résultats vont dans le sens d'autres études menées antérieurement sur des thèmes différents mais concernant les déterminants de la prescription.

Conclusion : Cette étude confirme qu'il existe bien une variabilité dans la prescription des IPP et qu'elle est avant tout liée à des facteurs médicaux et dans une moindre mesure non médicaux qu'il serait intéressant de définir plus précisément.

Mots clés

Variabilité de prescription, Déterminants, Inhibiteur Pompe à Protons, Médicaments, Protecteurs gastriques.